Source : La presse.ca

La sénatrice indépendante et femme d’affaires Danièle Henkel présentera un projet de loi sur la santé des femmes jeudi au Sénat. Elle propose un cadre national pour que toutes les femmes à travers le Canada aient accès aux mêmes soins, car il y a des disparités entre les provinces.

PHOTO SIMON SÉGUIN-BERTRAND, COLLABORATION SPÉCIALE
La sénatrice Danièle Henkel

Le projet de loi S-243 vise à établir une loi-cadre nationale sur la santé des femmes.

« Ce projet de loi est urgent, important, et on ne peut plus attendre », affirme avec conviction la sénatrice Danièle Henkel, en poste depuis un an, qui s’est fait connaître du grand public à la populaire émission Dans l’œil du dragon.

Le Canada n’a pas de direction commune, pas de structure pour coordonner et partager l’information sur la santé physique et mentale des femmes entre les provinces et territoires, explique-t-elle en entrevue avec La Presse.

Le projet de loi veut responsabiliser le gouvernement fédéral pour qu’il fasse un suivi et qu’il exige des redditions de comptes.

 La sénatrice Danièle Henkel

Avant de rédiger sa loi, la sénatrice a fait un rigoureux travail de terrain d’une dizaine de mois à travers le Canada pour comprendre tous les enjeux. Soutenue par l’Association canadienne pour l’équité en santé des femmes, elle a rencontré des chercheurs, des cliniciens, des médecins, des infirmiers, des pharmaciens, des intervenants de première ligne et des femmes ordinaires.

« J’ai découvert toutes les inégalités en santé de la femme, que ce soient des retards de diagnostic, des lacunes en recherche, les écarts d’accès aux soins qui se répètent partout au Canada.

« Quand tu penses qu’il y a 7 % seulement de la recherche partout au Canada qui est attribuée à la santé des femmes, c’est inquiétant, ce n’est pas normal », indique la sénatrice, en faisant référence à l’étude du Partnership for Women’s Health Research.

La sénatrice cite aussi l’étude du Journal canadien de chirurgie, qui révèle que dans huit provinces, les médecins sont payés en moyenne 26,7 % de moins lorsqu’ils opèrent les organes reproducteurs féminins.

Les maux spécifiques aux femmes mal diagnostiqués, dont les douleurs au ventre et les symptômes reliés à la ménopause, entraînent une baisse de productivité alors que le pays a besoin de tout le monde, relate-t-elle.

« Économiquement, on en paye le prix. Humainement, on en paye le prix. On paye le prix à tous les niveaux, et le prix est très élevé. C’est 37 milliards que l’on perd, qu’on peut gagner chaque année. On cherche de l’argent. Il est là. »

Les compétences d’affaires appliquées au Sénat

Alors que les sénateurs ont l’habitude de travailler sur leur loi de façon individuelle, la sénatrice Henkel a choisi d’appliquer l’un des principes qui mènent au succès en affaires, soit la collaboration avec les meilleurs talents.

« Pour éviter les obstacles, les barrières que je ne connais peut-être pas, je suis allée à l’avant de mes collègues, qui sont là depuis bien plus longtemps et qui ont la connaissance du terrain afin de m’abreuver de leurs conseils », raconte avec enthousiasme la sénatrice, qui ne passe pas inaperçue au Sénat avec son style dynamique et passionné.