
Ça y est ! Nous y sommes ! La clinique Ovëlle est en activité ! Le souhait de mon amie et collègue Caroline de consacrer un endroit spécifiquement à la santé des femmes se réalise. Quelle idée pertinente et d’actualité ! Ce blog s’en veut le prolongement : un endroit de partage d’informations sur la santé féminine. Données cliniques probantes, expériences vécues, histoire des patientes, en feront partie.
Écrit par : Mélanie Gagnon-Gauthier
Quand je pense « santé de la femme » je cogite d’abord au paradoxe qu’il constitue dans le monde de la santé : d’un côté les femmes ont en général un nombre significativement plus grand de consultations que les hommes, en raison des suivis gynécologiques inhérents à leur condition de femme. Dès l’adolescence, les femmes sont en contact avec les professionnels de la santé pour la gestion de leurs menstruations et des maux en découlant. Ces suivis liés à leur statut féminin se poursuivent jusqu’à la ménopause minimalement.
Donc en soi, la santé de la femme est un domaine scientifiquement bien connu dans le domaine médical : il s’agit de googler « santé de la femme » pour avoir la franche démonstration que les enjeux gynécologiques sont grandement étudiés par la science. Un constat observé dans ma pratique est la présence d’insatisfactions rémanentes de la part des patientes concernant les soins reçus : l’impression d’être discréditée, non comprise ou non crue par certains professionnels du domaine de la santé. Malgré un nombre de consultations significativement plus élevé1, il semble que le système de santé ne répond que partiellement aux besoins de santé des femmes. À ce sujet, j’ai relevé trois éléments pouvant expliquer en partie la situation :
- D’abord, la recherche scientifique médicale est davantage menée sur des hommes2, entraînant un manque de connaissance générale sur la santé de la femme ;
- Ensuite, selon une étude observationnelle, les femmes mettent plus de temps à obtenir un diagnostic3, particulièrement en santé cardiovasculaire ;
- Aussi, il semble malheureusement y avoir un biais de genre4 au sein de certains professionnels de la santé ;
- Enfin, certaines recherches démontrent que les douleurs des femmes seraient en général davantage banalisées que celles des hommes par les professionnels de la santé et ceux-ci auraient tendance à moins préciser leur questionnaire quand leur patient est une femme4.
C’est pour améliorer l’approche et la satisfaction des patientes que j’ai accepté de participer au projet de la Clinique Ovëlle. Malgré le portrait un peu sombre que j’ai dressé plus haut, il existe de multiples initiatives pour changer la tendance. Que ce soit le RQASF, la fondation Cœur et AVC, les projets du MSSS et les chaires de recherches567 et d’autres, plusieurs organismes et individus se mobilisent pour mieux comprendre l’expérience de santé féminine et les spécificités de celle-ci.
J’envisage utiliser ce blogue comme une plateforme d’exploration des différents aspects de la santé de la femme, de partage des approches existantes et de mise en commun d’expériences et de constats. J’entends bien sûr aborder les aspects gynécologiques, mais aussi la santé mentale et cardiovasculaire des femmes. Espérant aborder des sujets qui vous touchent, je vous invite à m’écrire pour échanger sur vos questionnements et vos expériences. Sur ce, je vous dis bonne santé et à bientôt !









